Encadrement des loyers à Paris : que se passe-t-il après le 24 novembre 2026 ?

Encadrement des loyers à Paris : que se passe-t-il après le 24 novembre 2026 ?

Immeubles haussmanniens le long du canal Saint-Martin, Paris 10e

Article à jour au 26 septembre 2026. Nous le mettrons à jour après le vote du Sénat et à la publication de la loi.

En bref

  • L’encadrement des loyers à Paris est une expérimentation qui prend fin le 24 novembre 2026, sauf nouvelle loi (DRIHL).
  • Le gouvernement s’est engagé à le prolonger de deux ans. Le texte est examiné au Sénat à partir du 21 octobre 2026 (franceinfo). À ce jour, rien n’est voté.
  • Même si l’encadrement s’arrêtait, les loyers ne deviendraient pas libres : à la relocation, le loyer reste bloqué au niveau du précédent locataire au moins jusqu’au 31 juillet 2027 (décret n° 2026-644).
  • Pour un propriétaire, attendre la fin du dispositif pour relouer plus cher est un pari risqué. Pour un locataire, le loyer d’un bail en cours ne bougera pas.

Depuis la rentrée, c’est la question que nos propriétaires nous posent le plus souvent en agence : « Frédéric, l’encadrement s’arrête en novembre, qu’est-ce que je fais ? » Nos locataires, eux, se demandent si leur loyer va augmenter. Voici une réponse factuelle : ce qui est acté, ce qui ne l’est pas, les trois scénarios possibles et les options concrètes, d’abord pour les bailleurs, puis pour les locataires.

État du dossier au 26 septembre 2026

  • ✓ FaitL’Assemblée nationale a voté la pérennisation (décembre 2025)
  • ✓ FaitLe gouvernement accepte une prolongation de deux ans (juin 2026)
  • ⏳ À venirExamen au Sénat à partir du 21 octobre 2026
  • ? En attenteVote définitif et publication de la loi avant le 24 novembre

L’encadrement des loyers à Paris en quelques dates

Le dispositif actuel repose sur l’article 140 de la loi Élan du 23 novembre 2018. Jusqu’au 24 novembre 2026, il reste pleinement en vigueur. L’arrêté préfectoral IDF-2026-06-12-00003 fixe les loyers de référence de 2026 pour les 80 quartiers parisiens, regroupés en 14 secteurs.

  1. Premier encadrement des loyers à Paris, issu de la loi Alur.
  2. Annulation par la justice administrative : le dispositif devait couvrir toute l’agglomération, pas seulement Paris.
  3. Retour de l’encadrement à Paris, à titre expérimental, avec la loi Élan.
  4. La loi 3DS prolonge l’expérimentation de trois ans, jusqu’en novembre 2026.
  5. L’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Echaniz, qui pérennise le dispositif, par 105 voix contre 56 (LCP).
  6. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, se dit sceptique mais promet une décision avant l’été (réponse au Sénat).
  7. Remise du rapport d’évaluation des économistes Gabrielle Fack et Guillaume Chapelle.
  8. Le gouvernement accepte une prolongation de deux ans, limitée aux villes déjà concernées (LocService).
  9. Le décret n° 2026-644 prolonge le blocage des loyers à la relocation jusqu’au 31 juillet 2027 (Légifrance).
  10. Fin de l’expérimentation, sauf publication d’une nouvelle loi d’ici là.

Les trois scénarios possibles

Le plus probable

1. Prolongation de deux ans

Porté par : le gouvernement, avec la proposition de loi Echaniz amendée.

Pour vous : rien ne change jusqu’en 2028. Mêmes plafonds, même complément de loyer, mêmes sanctions. Les règles sur le complément de loyer pourraient être durcies pendant les débats.

Possible

2. Pérennisation

Porté par : la gauche parlementaire, une cinquantaine de maires dont celui de Paris, la Fondation pour le logement.

Pour vous : l’encadrement devient une règle durable, probablement avec des contrôles renforcés. Le Sénat y est peu favorable.

Peu probable

3. Fin le 24 novembre

Porté par : les organisations de propriétaires et de professionnels (UNPI, UNIS, SNPI), une partie des sénateurs de droite.

Pour vous : le plafond par quartier disparaît pour les nouveaux baux, mais le blocage du loyer à la relocation continue de s’appliquer (voir ci-dessous).

Un cas particulier à surveiller : si la loi de prolongation était publiée après le 24 novembre, la situation des baux signés entre-temps serait incertaine. Nous mettrons cet article à jour dès que le calendrier sera connu.

Ce qui ne change pas, quel que soit le scénario

C’est le point le plus souvent oublié : la fin de l’encadrement ne rendrait pas les loyers libres à Paris.

Le loyer reste bloqué à la relocation jusqu’au 31 juillet 2027 au moins

Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 prolonge ce blocage, qui existe depuis 2012, pour les baux signés du 1er août 2026 au 31 juillet 2027 dans les zones tendues, dont Paris. Il s’applique aux locations nues, meublées et aux baux mobilité. La règle : le nouveau loyer ne peut pas dépasser celui du locataire précédent, éventuellement révisé selon l’indice de référence des loyers (IRL) (analyse de l’ANIL, Service-public.fr).

Il existe trois exceptions :

  • Loyer manifestement sous-évalué : la hausse est limitée à la moitié de l’écart avec les loyers du voisinage.
  • Travaux d’amélioration d’un montant au moins égal à la moitié d’une année de loyer : la hausse annuelle est limitée à 15 % du coût TTC des travaux.
  • Cas où le blocage ne s’applique pas : première location, logement vacant depuis plus de 18 mois, ou travaux d’un montant au moins égal à une année de loyer réalisés dans les six derniers mois.

Les logements classés F et G ne peuvent pas être augmentés

Pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), toute hausse est interdite, que ce soit à la relocation, au renouvellement ou par la révision annuelle. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à un nouveau locataire. Ce sera le cas des logements classés F à partir du 1er janvier 2028 (Service-public.fr).

Les baux en cours conservent leur loyer

La fin du dispositif ne permet pas d’augmenter le loyer d’un locataire en place. Seule la révision annuelle selon l’IRL reste possible, si le bail la prévoit. Au renouvellement, une hausse suppose de prouver que le loyer est manifestement sous-évalué, selon une procédure encadrée (analyse juridique).

Le locataire dispose de trois ans pour agir

Toute action née d’un bail d’habitation se prescrit par trois ans, à compter du jour où l’on a connu, ou aurait dû connaître, les faits (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Un locataire dont le loyer dépasse le plafond peut donc, dans ce délai, demander la baisse de son loyer et le remboursement des sommes payées en trop. Pour un bail signé pendant l’encadrement, ce délai continue de courir après le 24 novembre 2026 (analyse juridique).

Ce que dit le rapport d’évaluation Fack-Chapelle

Commandé par le gouvernement et remis le 22 mai 2026, le rapport des économistes Gabrielle Fack et Guillaume Chapelle doit éclairer la décision (synthèse, Batiactu, Institut des politiques publiques).

2 à 5 %de baisse des loyers par rapport aux villes non encadrées
35,6 %des baux parisiens signés entre 2020 et 2024 dépassent le plafond
46 %des annonces parisiennes au-dessus du plafond, selon la Ville
  • L’effet sur les loyers augmente avec le temps.
  • Les principaux bénéficiaires sont les ménages aux revenus les plus élevés. Environ deux tiers du coût reposent sur les propriétaires et un tiers sur l’État, sous forme de recettes fiscales en moins.
  • L’effet sur l’offre de logements à louer n’est pas démontré.
  • Le rapport recommande de pérenniser le dispositif en l’appliquant mieux : encadrer davantage le complément de loyer, rendre obligatoire l’affichage du loyer de référence, doubler les amendes.

Chaque camp y trouve des arguments. En pratique, le durcissement des contrôles sur le complément de loyer est la piste qui rassemble le plus largement.

Propriétaire à Paris : vos options d’ici la fin 2026

Option 1 : relouer dès maintenant, au plafond

AvantagesPas de vacance, pas de risque de contentieux. Le loyer applicable se vérifie en 30 secondes sur le simulateur officiel de la DRIHL.
Points de vigilanceLe plafond s’apprécie à la date de signature du bail. Le loyer fixé servira aussi de référence pour la prochaine relocation.

Option 2 : attendre la fin du dispositif pour relouer plus cher

Le calculUn mois de vacance représente environ 8 % du loyer annuel, alors que l’encadrement modère les loyers de 2 à 5 % en moyenne.
Points de vigilanceLa prolongation de deux ans est le scénario le plus probable. Même sans encadrement, le blocage à la relocation s’applique jusqu’au 31 juillet 2027. C’est un pari risqué.

Option 3 : justifier un complément de loyer

ConditionsIl doit être mentionné dans le bail et justifié par des caractéristiques exceptionnelles de localisation ou de confort (terrasse, vue, prestations rares) par rapport aux logements comparables du quartier.
Points de vigilanceIl est interdit si le logement présente certains défauts (humidité, installation électrique dégradée, DPE F ou G). Le locataire a trois mois pour le contester, et c’est le point que les parlementaires veulent durcir.

Option 4 : faire des travaux

AvantagesC’est souvent le choix le plus rentable à moyen terme. Une rénovation énergétique permet de sortir des classes F et G, donc de pouvoir à nouveau augmenter le loyer et de continuer à louer après 2028. Des travaux importants ouvrent aussi droit à une hausse à la relocation.
Points de vigilanceLes seuils du décret sont précis : au moins la moitié d’une année de loyer pour une hausse encadrée, au moins une année de loyer pour sortir du blocage. Gardez les factures.

Option 5 : changer de type de location

MeubléPasser du vide au meublé ne permet pas d’échapper à l’encadrement : les meublés ont leurs propres loyers de référence, plus élevés, et restent soumis au blocage à la relocation. Voir notre article LMNP à Paris en 2026.
Courte duréeLa location touristique (type Airbnb) n’est pas soumise à l’encadrement, mais à Paris elle n’est autorisée que pour votre résidence principale, dans la limite de 90 nuits par an depuis le 1er janvier 2025. Pour un logement locatif, elle est en pratique exclue : il faudrait une autorisation de changement d’usage avec compensation. Les amendes vont jusqu’à 15 000 €, et 100 000 € en cas de changement d’usage non autorisé (Notaires de Paris). Ce n’est donc pas une solution de repli pour un bailleur.

Option 6 : vendre

À considérer sile logement est classé F ou G sans travaux envisageables, ou si votre horizon de placement a changé. Un logement loué peut aussi se vendre occupé.
Points de vigilanceLa décision dépend de votre situation fiscale et du marché de votre quartier bien plus que de l’encadrement. Notre équipe vente peut vous faire une estimation.

Vous pouvez aussi vous appuyer sur notre service location et gestion, ou nous confier la gestion de votre bien : nous suivons pour vous l’évolution des règles, le loyer applicable et la conformité du bail.

Locataires : ce qu’il faut retenir

  • Jusqu’au 24 novembre 2026, tout nouveau bail doit respecter le loyer de référence majoré, que vous pouvez vérifier sur le simulateur de la DRIHL.
  • Votre loyer en cours ne peut pas augmenter à cause de la fin du dispositif, en dehors de la révision annuelle selon l’IRL.
  • Un trop-perçu se réclame dans un délai de trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Un complément de loyer se conteste dans les trois mois suivant la signature, devant la commission départementale de conciliation.
  • Un dépassement se signale à la Ville de Paris, sur la plateforme de signalement (informations sur paris.fr).

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Questions fréquentes

L’encadrement des loyers s’arrête-t-il à Paris le 24 novembre 2026 ?

C’est la date prévue par la loi pour la fin de l’expérimentation. Le gouvernement soutient une prolongation de deux ans, examinée au Sénat à partir du 21 octobre 2026. Tant qu’aucune loi n’est publiée, la date du 24 novembre reste valable.

Mon propriétaire pourra-t-il augmenter mon loyer en décembre 2026 ?

Non, pas pour un bail en cours. Seule la révision annuelle selon l’IRL est possible, si le bail la prévoit. Pour un logement classé F ou G, même cette révision est interdite.

Si l’encadrement s’arrête, pourrai-je fixer librement le loyer à la relocation ?

Non, dans la plupart des cas. Le décret n° 2026-644 limite le nouveau loyer à celui du locataire précédent jusqu’au 31 juillet 2027, sauf exceptions (première location, vacance de plus de 18 mois, travaux importants, loyer manifestement sous-évalué).

Le complément de loyer existe-t-il encore ?

Oui, tant que l’encadrement s’applique, à condition qu’il soit prévu dans le bail et justifié par des caractéristiques exceptionnelles. Il est interdit pour les logements présentant certains défauts, dont un DPE F ou G.

Quelles sont les sanctions en cas de loyer supérieur au plafond ?

Le propriétaire doit mettre le bail en conformité et rembourser les sommes perçues en trop. Il s’expose aussi à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

L’encadrement s’applique-t-il aux locations meublées ?

Oui. Les meublés ont leurs propres loyers de référence, plus élevés que ceux des locations vides. Le bail mobilité est aussi concerné.

Propriétaire ou locataire à Paris, besoin d’un avis sur votre situation ?

Chaque cas est différent : quartier, surface, classe DPE, date du bail, travaux envisagés. Nos agences du 10e (Saint-Martin et Saint-Denis), notre agence du 19e (Laumière) et notre service location et gestion vérifient avec vous le loyer applicable et vos options. Contactez-nous →

Sources

Historique des mises à jour : 26/09/2026, première publication ; précisions sur le délai de trois ans (article 7-1 de la loi de 1989).

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